Solitudes et Sacrifices (tome 2)

résentation

Solitudes et Sacrifices
Heaven Forest, tome 2
Edition par Hydralune prévue pour février/mars 2017
356 pages, 15 € (broché) 3,99€ (numérique)
Illustration par Charlotte Granié Cha’peau rouge.

Quatrième de couverture

hfii_coverhydraluneQuatre nouveaux cadavres sont retrouvés noyés à proximité des docks. L’inspecteur Overlake est persuadé que ces morts sont intimement associées à son enquête sur Else Other. À la recherche d’indices, il lui faut plonger, seul, dans un quartier réputé pour sa criminalité et sa mafia.
Sur le port, l’agitation règne déjà. Chacun affûte ses armes, prêt à défendre ses valeurs et son territoire. Le culte local du Thésaurus évoque un combat millénaire entre les Saints des humains et les Anges des brouillons. Or, toute légende se base sur un fond de réalité. Certains mutants de Heaven Forest auraient-ils autre chose dans leur veines qu’un sang purement humain ?

Dans ce contexte troublé, que va-t-il advenir du Cerf ?

Extrait du tome 2 :

Salomon adressa un petit geste de paix et un sourire aux baldies qui surveillaient l’attroupement. Ils lui répondirent d’un hochement de casque amical. Il ne s’attarda pas auprès d’eux et traversa sans attendre le cordon de sécurité. Une fois de l’autre côté de la démarcation, sa grande silhouette invita les curieux du premier rang à s’écarter pour lui laisser le passage. Il continua en direction du Northway et de sa passerelle d’accès, s’arrêta à côté d’Overlake et le détailla.
Le lieutenant n’avait pas bougé, n’avait pas tourné la tête pour voir qui se tenait si près de lui et obstruait ainsi la lumière du réverbère du quai le plus proche. Avec son chapeau melon incliné vers l’arrière de son crâne, aucune ombre ne venait masquer les yeux singuliers de Rhys. Ses pupilles s’étaient dilatées en deux soleils noirs qui semblaient percer les profondes ténèbres de l’océan.
Salomon grimaça. Il n’appréciait pas le regard fixe et étrange de Rhys. Il aurait préféré que le lieutenant détaille plutôt l’horizon, les toits des entrepôts et de la ville.
« Overlake »… Cependant, il se trouve au-dessus de la mer et non du lac. Je n’aime pas ça. Où est Airon ? C’est lui le spécialiste en tout ce qui concerne les mutations liées au manaschiste et les légendes urbaines de Heaven Forest ! Moi, je ne connais que quelques contes populaires, et il ne faut pas m’interroger sur les passages les plus lointains et complexes du Thésaurus. Par contre, je sais une chose : je dois éloigner le lieutenant de là. De la vue de l’eau…
Son attention reportée sur les vagues, Salomon constata avec une certaine stupeur que le tube submersible à manaschiste s’avérait si puissant que, malgré la distance, les flots révélaient parfaitement les secrets de leurs profondeurs. Les badauds sur la passerelle du Northway suivaient les actions des nageurs avec encore plus de facilité que les baldies sur les quais.
Il cessa son observation des plongeurs pour reprendre celle de son supérieur hiérarchique. Au-delà de ce regard vide, rien n’animait les traits creusés d’Overlake pour leur rendre leur habituelle humanité. Salomon se sentit mal à l’aise face à ce visage d’autant plus exsangue que la courte chevelure du détective – repoussée en arrière par le vent marin – tirait vers l’ébène et se confondait avec la nuit. Une réelle inquiétude s’empara du géant roux et il posa sa grande main sur le bras de l’inspecteur.
— Lieutenant Overlake ? l’appela-t-il avec douceur pour sortir le rêveur de sa transe.
Il ne perçut pas le moindre frémissement sous la manche qu’il serrait. Pas d’élan surpris, pas de signe non plus qu’il avait été entendu. Il s’apprêtait à réitérer sa question quand son supérieur s’enquit d’une voix atone :
— C’est un troisième corps qu’ils remontent ?
Toujours pas d’émotion sur son visage, aucun mouvement.
— Je n’ai pas le droit de vous informer, soupira Salomon. Nous sommes entourés de gens, je vous le rappelle.
Dieu, que cette nuit le fatiguait ! Il avait retiré sa main du bras de l’inspecteur amorphe et se la passa dans sa grande tignasse d’un geste las. Il nota le discret hochement d’acceptation de la part de son interlocuteur. Celui-ci fixait toujours le lieu de la noyade.
— Si je te dis, Salomon, qu’il y a quatre cadavres. Que l’un n’a plus de jambes, un autre plus de bras, que le troisième est décapité, que le dernier s’est fait arracher les yeux, et que tous portent des lacérations sur tout le corps, tu en penses quoi ?

 

Quels avis et critiques sur ce tome 2 ?

(N’hésitez pas à lire les chroniques entières sur les sites)

Avis : Quel plaisir j’ai eu à lire Solitudes et sacrifices. Toujours aussi prenante et énigmatique, l’intrigue de ce deuxième tome n’a rien à envier à Darkwood.

Plaisir d’abord, de retrouver les personnages du premier opus[…]
Difficile de parler de tous les personnages de ce second tome, mais si certains sont plus présents que d’autres, j’espère que tous auront un rôle important dans la suite de l’intrigue.

En ce qui concerne cette dernière, j’avais l’impression que cette saga allait être un policier fantastique, avec comme intrigue principale la résolution du meurtre d’Else. Mais c’est finalement une toute autre histoire qui se dévoile dans Solitudes et Sacrifices. On se retrouve directement aux prémices d’une nouvelle guerre opposant les Saints et les Anges. Le récit est ponctué de combats et d’évènements violents qui rendent la lecture prenante. Chaque chapitre apportant son lot de rebondissements, je n’ai ressenti aucune longueur ni ennui.
J’ai apprécié de mieux comprendre les différences entre les Saints, les Anges, les Sacrifiés, les Sanctifiés… termes abordés dans Darkwood mais mieux expliqués ici. Toutefois ces éclaircissements sont données au fur et à mesure, il faut donc être attentif et avoir une bonne mémoire. J’avoue qu’un glossaire pourrait s’avérer très utile.

[…] j’ai aimé, dans ce tome comme dans le précédent, la recherche et le détournement des noms de lieux (Breytain, Another…) et des personnages (Offlight, Faith, Lancet, Nastylass…). Des jeux de mots qui rendent le texte, déjà riche en descriptions (celles d’Another, un lieu sauvage peuplé d’êtres magiques tels que les fées ou encore les orques, si différent de Darkwood, cité civilisée et industrielle avec ses humains et ses mutants), encore plus intéressant par ses inspirations religieuses, guerrières et celtiques.

Je crois que c’est finalement cette ambiance, cet environnement connu/inconnu qui me plaît le plus dans cette saga. Un monde qui ressemble au nôtre, mais qui est pourtant si différent.
J’apprécie la fantaisie qui me porte dans de nouveaux lieux, mais il me faut parfois un temps d’adaptation et une forte imagination pour me représenter le cadre. Ici, j’ai pu facilement me faire une idée, tant l’ambiance XIXe est bien décrite, tout en ayant cette possibilité d’imaginer les différences parfois franches, parfois discrètes entre le Royaume Uni que je connais et les Pays-Unis où se déroule l’histoire.

Il y a tant de choses à dire sur Solitudes et sacrifices et cette saga en général, de subtilités dont je voudrais parler. Mais j’ai peur d’en dire trop. Au final, ce tome apporte encore plus de questionnements et de suspens, MAIS sans rendre la lecture ennuyeuse ni donner l’envie d’abandonner. Je ne peux que vous le recommander et espérer qu’il vous plaira autant qu’à moi.
J’attends maintenant avec impatience le troisième tome, en croisant les doigts pour qu’il soit à la hauteur des deux premiers. Mais je suis assez confiante à ce niveau et je ne pense pas que je serai déçue. Affaire à suivre… de très près !

Que dire de ce livre, si ce n’est que j’ai été déroutée par les premiers chapitres ? Sur le coup, j’ai même cru m’être trompée de fichier (vu que j’avais le troisième, aussi). Mais (oui, j’ai vérifié) les mots m’ont emportés dans un flot d’émotions, celles des personnages et les miennes.
Quelle claque !
Je suis peureuse, un peu sensible et surtout, dotée d’une imagination terrible qui me fait visualiser les scènes lues. C’est l’une des raisons qui me tiennent éloignée des films d’horreur (cauchemar assuré) et des thrillers bien gores.
Or, l’écriture d’Andréa cumule un visuel fort et des sentiments puissants. Elle permet donc d’éviter les grosses frayeurs d’imagination, puisque le ressenti des personnages vient adoucir les éléments tragiques. À chaque litre d’hémoglobine versé, les pleurs, les râles, les pensées venaient m’empêcher de frémir et poser la liseuse.Rapidement, et toujours en alternance l’intrigue m’a emporté dans Heaven Forest. J’ai suivi chaque protagoniste dans sa quête de vérité. Car, c’est la base du livre. Chacun cherche sa voie (avec plus ou moins de voix, surtout dans les premiers chapitres).
L’inspecteur Overlake parachuté dans cette sombre contrée emplie d’étranges et dangereuses personnes va encore montrer ses aptitudes particulières. Et se mettre en danger.
Lisbeth, l’épouse du personnage tronçonné, va nous conduire dans cet ailleurs et nous dévoiler une part du passé.
Chacun son tour, les protagonistes sèment des indices, jusqu’à ce petit garçon, que l’on découvre sans comprendre au départ pourquoi Andréa nous raconte son histoire.

Ange, démons, saints, nains, elfes. Un bestiaire riche et très fantaisiste s’ordonne dans ce second tome. On entrevoit les rouages, on cerne une hiérarchie.
J’avoue que certains passages m’ont paru légèrement obtus. Mais, emportée par la grâce du texte, la poésie qui en émane, j’ai poursuivi la lecture. Et peu à peu, comme dans un puzzle, les pièces ont pris leur place. L’intrigue s’est dévoilée.
J’ai compris qui était ce Cerf et pourquoi. Qui étaient les pantins et les meneurs ?
Et j’ai fini le livre en étant vraiment contente d’avoir la suite !

Où le trouver ?

Disponible en version papier et numérique sur Hydralune

Disponible en version numérique sur Amazon.

Disponible en version papier dans plusieurs librairies marseillaises : Maupetit, Espace Culturel Leclerc Roy d’Espagne, Gilbert.