D’une Terre à Une Autre (tome 3)

Présentation

D’une Terre à Une Autre
Série : Heaven Forest (Tome 3)
Edité par Hydralune, 29 juillet 2017
524 pages, 15 € (broché), 3,99 € (numérique)
Illustration de Marie Charlotte Granié

 

 

Quatrième de couverture

Dans une Double Breytain en plein bouleversement industriel, l’effervescence règne autour du manaschiste, combustible fossile dont l’utilisation révolutionne le monde en cette fin de XIXe siècle. Au cœur du duché de Heaven Forest, peu importent les mutations sur la population qu’engendre son exploitation. Les autorités ont d’autres priorités, telle la sécurité des cargos du port où la mafia sévit.

Ainsi, quand le cadavre mutilé d’un inconnu est retrouvé à distance, on confie l’affaire – certes singulière, mais de peu d’importance – à l’inspecteur détective Rhys Overlake, arrivé le jour même en ville. Et si cette enquête s’avérait bien plus complexe qu’un malheureux fait divers sordide ?

Extrait :

— Nos enquêtes se bousculent en ce moment et nos spécialistes font de leur mieux pour traiter le plus sérieusement chaque cas, rappela le superintendant. Cela nécessite du temps, je vous le répète, madame Other. Une fois enterré, vous ne souhaiteriez pas, dame Other, que mon équipe ait à réclamer un permis d’exhumer si soudain un petit détail demandait à être vérifié ? Vous ne voudriez pas qu’un indice nous échappe ou que par manque de preuves les assassins de votre époux soient acquittés, n’est-ce pas ?
— Évidemment, mais…
— Alors, laissez-nous mener notre travail tranquillement et avec méthode. J’ai pris acte de l’importance de cette affaire. Nous manquons d’hommes en ce moment, comme je l’ai signifié plusieurs fois au duc Piers et à Thames. Cependant, j’ai délégué la tâche exclusive de résoudre ce crime infâme à l’une de nos équipes de détectives. Le lieutenant Overlake sera ainsi tout à vous et au service unique de cette mission.
Oui, tout à toi…
— Ah, non ! s’opposa Lisbeth. Pas lui !
Pas moi ?
— Et pourquoi ? s’enquit le superintendant.
Oui, pourquoi ?
— Parce que je ne le supporte pas ! Il est laid !
Le mot cingla comme une claque. Rhys s’était attendu à tout : étranger, incompétent, irritant, fantasque, de basse extraction, puritain, n’importe quoi, mais pas à cette raison-là. Il se sentit confus. Perdu. Perturbé.
Le superintendant affichait sur sa face longiligne à la barbe blanche un air aussi surpris et perplexe. Lisbeth se rendit compte de ce qu’elle venait de lâcher. Son visage se lissa pour devenir inexpressif et d’une voix neutre, elle admit :
— Je crains que certains mots n’aient échappé au contrôle de mes émotions.
Ce qui signifiait qu’elle n’en pensait cependant pas moins. Rhys se sentait nauséeux, un nœud au fond du gosier.
— En effet, reconnut le superintendant d’un ton froid. Je constate, dame Other, que les derniers événements vous ont beaucoup bouleversée, même si vous savez en donner le change par une certaine dureté. Par ailleurs, je ne vois pas en quoi le détective Overlake est « laid ». Les brûlures et les cicatrices qu’il porte actuellement au visage ne sont que le résultat de l’ardeur qu’il met dans ses missions, allant jusqu’à risquer sa vie pour poursuivre ses enquêtes. Je ne trouve en rien que cela nuise à son image, cela l’honore au contraire. J’ai confiance en mes hommes, madame, et je ne doute pas de mes officiers. Votre mari est entre de bonnes mains. Je pense, en revanche, que vous devriez rentrer chez vous, madame. Le temps et le repos vous aideront à panser votre chagrin et vous permettront de vous reprendre. Lieutenant ?
Ainsi donc, le superintendant avait bien remarqué Rhys depuis le début de la conversation. Lisbeth tourna la tête pour suivre le regard du chef de la police. En avisant Overlake dans le couloir, quelques émotions passèrent brièvement sur son visage, trop vite pour que Rhys note si de la culpabilité ou du regret s’y peignit une seconde. Aussi droit et raide qu’elle, il avança et s’enquit d’un respectueux : « Monsieur ? »
— Veuillez reconduire madame Other à l’entrée et appelez-lui un fiacre afin de rentrer chez elle. À moins, lieutenant, que vous ne souhaitiez profiter de sa présence en ces lieux pour lui poser quelques questions au sujet de l’enquête ?
Il nota l’inspiration soudaine, profonde et inquiète, de Lisbeth.
— Pas à cette heure, monsieur. Un autre aspect de l’affaire retient actuellement toute notre attention, comme vous le lui avez signalé, monsieur.
Voilà. Qu’elle se demande depuis quand il les écoutait. Elle dardait sur lui ses grands yeux bleus aux paillettes froides d’argent. Il soutint le regard et lui rendit le défi. De son côté, le superintendant approuva la décision d’une inclinaison de tête et conclut d’un ton paternel :
— Bien, voilà qui est parfait. Raccompagnez donc la dame, lieutenant détective Overlake. Mes hommages à vos parents, madame Other.
L’esprit encore ailleurs, elle répondit à la civilité par une phrase toute faite. Rhys salua également son patron avant que celui-ci ne retourne dans son bureau et n’en referme la porte. Seuls dans cette partie du couloir, ils s’observèrent longuement. Puis, Lisbeth inspira profondément, replaça derrière son oreille une mèche échappée de son chignon, et se coiffa de son chapeau dont la voilette masquait difficilement l’éclat foudroyant de ses pupilles.
— Inutile de me raccompagner, lui précisa-t-elle. Comme j’ai trouvé mon chemin pour venir parler au superintendant…
Pour passer au-dessus de ma tête.
— … je saurai quitter le poste toute seule. Et puis, je ne voudrais pas vous empêcher de poursuivre vos investigations, vu comme vous êtes occupé.
Il entendit le sarcasme.
— Ou pour aller vous faire soigner.
Et là, le fiel de la pique. Laid, avait-elle dit ? Malade, surtout. Toutefois, il ne la laisserait pas gagner la moindre manche contre lui. Il ne l’accepterait pas. Et quelque part, il songea qu’elle devait aimer ça. C’était une femme de poigne et de défis. Malade… d’elle.
— Il ne s’agit que d’égratignures qui ne nécessitent pas que je perde plus de temps à leur sujet, répondit-il avec hauteur.
— Et vous êtes-vous cassé le nez ? s’enquit-elle d’un ton presque réjoui. Avec ces hématomes sous les yeux, savez-vous que vous ressemblez à un panda ?
— Il est dangereux de provoquer les plantigrades, rétorqua-t-il. Mes adversaires l’ont appris à leurs dépens.
Totalement faux, mais il ne lui laisserait pas l’ascendant psychologique. Quant à sa gueule d’ours d’Alsie, elle allait la contempler plus qu’elle ne le pensait dans les prochains jours, il y veillerait.
— Votre bras, madame ? réclama-t-il en s’emparant de son coude avant qu’elle ne se rebiffe. Suivez-moi.

Quels avis et critiques sur ce tome 3 ?

(N’hésitez pas à lire les chroniques entières sur les sites)

Hier, j’ai posté l’article sur le tome deux de cette belle série. Je n’ai pas beaucoup plus à dire, alors j’ai envie de vous emmener dans Heaven Forest.
Là, les dragons côtoient des araignées. Bêtes sauvages, violentes, elles se rient des hommes et leurs armes ridicules. Les combats deviennent épiques. Et si l’on meurt ici, alors le trépas est assuré ailleurs, dans cette autre réalité où, finalement, les anges se font démons, où les saints vengent.
Luttes assassines, la quête de rédemption passe par de bien troublantes ruelles. Entre feu sacré et peintures devineresses, Andréa nous emporte vers des mondes sombres. Le sang pour signature, les âmes éperdues pour guide, elle nous plonge dans un univers glauque et pourtant magnifique.
De ces mots, je retiens du plaisir et de l’admiration. Une intrigue menée avec brio avec des indices semés depuis le premier tome.
Voilà, je voudrais finir sur des remerciements. Je lis peu en ce moment, alors lire un si beau texte ne pouvait que me combler. En bref : Un troisième tome extraordinaire. Mené avec brio, ce dernier opus de trilogie (mais pas de l’histoire) apporte maintes solutions à l’énigme. Magnifiquement écrit, il m’a envoûté. Et ce que je peux aimer ce cerf ! 

Dans Solitudes et sacrifices, nous avions laissé le détective Rhys Overlake et son second, Airon Offlight, dans une bien périlleuse situation alors qu’un incendie ravageait les docks de Darkwood. La tension entre les Saints et les Anges était devenue de plus en plus palpable, et des combats commençaient à éclater entre les deux camps.
D’une terre à l’autre est clairement plus violent que les précédents. Nos héros ne sont plus à l’abri et doivent désormais prendre des risques pour remettre leur vie ordre, tout en prenant soin de cacher leurs secrets. Il y a tellement de personnages et de rebondissements dans ce troisième tome, qu’il m’est difficile de détailler tant il y aurait à dire. Ce qui est sûr, c’est que je l’ai aimé autant que les deux autres. Je l’ai peut-être même préféré. Mais ce n’est guère étonnant car ce tome nous entraîne dans les profondeurs de Darkwood, à la rencontre des Anges et des Saints, et de tout le petit monde qui les entourent.
On en apprend finalement plus sur les circonstances de la mort d’Else et de son périple en Another. La fin du roman est explosive autant en révélations qu’en actions !
Quel plaisir de retrouver le détective Rhys et Elisabeth, la veuve d’Else, quasi absents du tome 2. Ils m’avaient manqué. Ces personnages révèlent leurs capacités extraordinaires et leur relation prend un tournure assez spéciale. Le suspens les concernant reste entier pour la suite de la série.
Nous rencontrons d’autres personnages bien évidemment, mais j’ai eu un petit faible pour Morgane, la fille d’Else et Elisabeth. Cette jeune fille a décidément un caractère bien trempé et n’a peur de rien. J’ai hâte de découvrir ce qui va lui arriver par la suite, j’aimerais vraiment qu’elle trouve un rôle plus fort dans les prochains tomes.
Dans Solitudes et sacrifices, nous avions également rencontré Boy. Personnage très énigmatique, je ne comprenais pas bien qui il était, ni son rôle dans l’histoire. Ici sa présence prend tout son sens et nous en apprend plus sur le passé de certains protagonistes.
Bref une histoire totalement fantasy. J’adore définitivement le côté Vieille Angleterre et je trouve l’écriture de l’auteur toujours excellente. Son idée de modifier les noms des lieux (Asfrie, Alsie, Alstralie), mais également les noms des personnages historiques (« les frères Right aux Pays Unis » / les frères Wright au États-Unis), tout cela m’a permis de mieux visualiser et de mieux m’approprier l’histoire.
Un glossaire est disponible à la fin de ce volume et c’est une bonne idée, même si après 3 tomes je parviens enfin à comprendre le sens de certains mots. Mais cela reste fort utile !
Si vous n’avez pas encore découvert Heaven Forest, et que vous aimez comme moi le côté Vielle Angleterre et la Fantasy, je vous recommande cette lecture.

Lire les premières pages ?

C’est ici.

Où trouver ce roman ?

Via le net :
Disponible en version papier et numérique sur Hydralune
Disponible en numérique sur le site de Amazon.

Lire les premières pages ?

C’est ici.

Où trouver ce roman ?

Via le net :
Disponible en version papier et numérique sur Hydralune
Disponible en numérique sur le site de Amazon.

 

En librairie :
* Librairies Maupetit et Gibert, centre ville de Marseille

Publicités