Boutique : Solitudes et Sacrifices

Présentation

Solitudes et Sacrifices
Série : Heaven Forest (Tome 2)
Edition par Hydralune, 11 mars 2017
356 pages, 15€ (broché), 3,99 € (numérique)
Illustration de Marie Charlotte Granié

Heaven Forest est un cycle de gaslamp fantasy, soit une uchronie XIXe aux allures dieselpunk, qui prend des accents de polar fantastique tout en y mêlant des éléments de fantasy urbaine. Une alchimie inattendue qui offre un univers riche, étonnant et incomparable.

Où trouver ce roman ?

Via le net :
Disponible en version papier et numérique sur Hydralune
Elle est aussi disponible en numérique chez Amazon
En librairie :
Elle est disponible en papier à l’espace culturel du centre Leclerc du Roy d’Espagne (Marseille), à la librairie Gilbert (Marseille), à la librairie Maupetit (Marseille).

Quatrième de couverture

Quatre nouveaux cadavres sont retrouvés noyés à proximité des docks. L’inspecteur Oeverlake est persuadé que ces morts sont intimement associées à son enquête sur Else Other. À la recherche d’indices, il lui faut plonger, seul, dans un quartier réputé pour sa criminalité et sa mafia.
Sur le port, l’agitation règne déjà. Chacun affûte ses armes, prêt à défendre ses valeurs et son territoire. Le culte local du Thésaurus évoque un combat millénaire entre les Saints des humains et les Anges des brouillons. Or, toute légende se base sur un fond de réalité. Certains mutants de Heaven Forest auraient-ils autre chose dans leur veines qu’un sang purement humain ?

Dans ce contexte troublé, que va-t-il advenir du Cerf ?

Extrait :

Salomon adressa un petit geste de paix et un sourire aux baldies qui surveillaient l’attroupement. Ils lui répondirent d’un hochement de casque amical. Il ne s’attarda pas auprès d’eux et traversa sans attendre le cordon de sécurité. Une fois de l’autre côté de la démarcation, sa grande silhouette invita les curieux du premier rang à s’écarter pour lui laisser le passage. Il continua en direction du Northway et de sa passerelle d’accès, s’arrêta à côté d’Overlake et le détailla.
Le lieutenant n’avait pas bougé, n’avait pas tourné la tête pour voir qui se tenait si près de lui et obstruait ainsi la lumière du réverbère du quai le plus proche. Avec son chapeau melon incliné vers l’arrière de son crâne, aucune ombre ne venait masquer les yeux singuliers de Rhys. Ses pupilles s’étaient dilatées en deux soleils noirs qui semblaient percer les profondes ténèbres de l’océan.
Salomon grimaça. Il n’appréciait pas le regard fixe et étrange de Rhys. Il aurait préféré que le lieutenant détaille plutôt l’horizon, les toits des entrepôts et de la ville.
« Overlake »… Cependant, il se trouve au-dessus de la mer et non du lac. Je n’aime pas ça. Où est Airon ? C’est lui le spécialiste en tout ce qui concerne les mutations liées au manaschiste et les légendes urbaines de Heaven Forest ! Moi, je ne connais que quelques contes populaires, et il ne faut pas m’interroger sur les passages les plus lointains et complexes du Thésaurus. Par contre, je sais une chose : je dois éloigner le lieutenant de là. De la vue de l’eau…
Son attention reportée sur les vagues, Salomon constata avec une certaine stupeur que le tube submersible à manaschiste s’avérait si puissant que, malgré la distance, les flots révélaient parfaitement les secrets de leurs profondeurs. Les badauds sur la passerelle du Northway suivaient les actions des nageurs avec encore plus de facilité que les baldies sur les quais.
Il cessa son observation des plongeurs pour reprendre celle de son supérieur hiérarchique. Au-delà de ce regard vide, rien n’animait les traits creusés d’Overlake pour leur rendre leur habituelle humanité. Salomon se sentit mal à l’aise face à ce visage d’autant plus exsangue que la courte chevelure du détective – repoussée en arrière par le vent marin – tirait vers l’ébène et se confondait avec la nuit. Une réelle inquiétude s’empara du géant roux et il posa sa grande main sur le bras de l’inspecteur.
— Lieutenant Overlake ? l’appela-t-il avec douceur pour sortir le rêveur de sa transe.
Il ne perçut pas le moindre frémissement sous la manche qu’il serrait. Pas d’élan surpris, pas de signe non plus qu’il avait été entendu. Il s’apprêtait à réitérer sa question quand son supérieur s’enquit d’une voix atone :
— C’est un troisième corps qu’ils remontent ?
Toujours pas d’émotion sur son visage, aucun mouvement.
— Je n’ai pas le droit de vous informer, soupira Salomon. Nous sommes entourés de gens, je vous le rappelle.
Dieu, que cette nuit le fatiguait ! Il avait retiré sa main du bras de l’inspecteur amorphe et se la passa dans sa grande tignasse d’un geste las. Il nota le discret hochement d’acceptation de la part de son interlocuteur. Celui-ci fixait toujours le lieu de la noyade.
— Si je te dis, Salomon, qu’il y a quatre cadavres. Que l’un n’a plus de jambes, un autre plus de bras, que le troisième est décapité, que le dernier s’est fait arracher les yeux, et que tous portent des lacérations sur tout le corps, tu en penses quoi ?

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C’est ici.